Sortir de chez soi, ou comment se prendre ses préjugés en pleine poire.

Pour la voyageuse en carton que je suis, qui n’avait jamais dépassé les frontières de l’Europe auparavant, arriver en Asie a été un choc assez fort, et pas uniquement à cause de la chaleur. Voila 4 choses qui m’ont le plus étonnée en débarquant à Bangkok

La pauvreté

Je vous entends déjà dire : « la fille, elle part en Asie et elle pense pas qu’elle va voir de la misère, elle est pas maligne quand même… ». Alors si, je m’y attendais mais ce à quoi je n’étais pas préparée, c’était les bidonvilles au pied des hôtels de luxe.

Rien qu’au bout de la rue où je suis logée, il y a deux gigantesques centres commerciaux de luxe, où on peut acheter du Dior, du Chanel ou n’importe quel truc presque aussi cher que c’est importable. Mais il suffit de descendre les escaliers du métro aérien pour se retrouver avec des maisons qui tombent en ruine, des gens qui vendent de tout dans la rue pour pouvoir manger et les câbles électriques qui tombent tellement bas qu’il faut faire attention à ne pas se les prendre en plein nez tout en évitant les trous dans la chaussée.

Le premier jour, quand je suis allée visiter la maison de Jim Thompson, je me suis perdue en rentrant, et je suis passée dans des endroits où les gens vivent sans eau courante, avec un ruisseau tellement pollué qu’on ne voit plus l’eau sous la tonne de plastique qui s’y déverse, et quelques mètres plus loin, je suis tombée sur la plus grand centre commercial d’Asie, le Central World. Ces deux mondes cohabitent ici d’une façon surprenante à laquelle je ne m’attendais pas du tout.  Et honnêtement, je ne sais pas quoi en penser : d’un côté il y a beaucoup de misère, mais très peu de mendiants ou de personnes qui vivent réellement dehors (pour ce que j’ai pu voir en tout cas), mais d’un autre côté la différence de niveau de vie entre les très riches et les très pauvres est tellement hallucinante… Et ceci dit, la vision d’une femme en tailleur Gucci achetant son dîner au boui-boui ambulant est assez réjouissante.

 L’absence de repères culturels

Ça je m’y attendais, mais tout de même, ça fait bizarre ! Ça commence avec les caractères d’écriture qui ne sont pas les mêmes (mais c’est pas très gênant car presque tout est traduit en anglais). Vient ensuite la barrière de la langue qui est assez terrible parce que même quand un thaï me parle en anglais, on a beaucoup de mal à se comprendre car nos 2 accents ne s’apprécient pas.

Et surtout, même si je ne suis pas croyante, j’ai été baignée toute ma vie dans une culture judéo-chrétienne, démocratique et républicaine, ce qui fait qu’en arrivant dans un pays bouddhiste et monarchiste, j’ai du mal à trouver mes repères. Les règles dans les temples vont tellement de soit pour les croyants ici qu’ils ne les affichent pas. Par exemple, j’ai découvert après 3 jours qu’il était très insultant de s’asseoir dans un temple avec les pieds en direction de la statue de bouddha, ce que je faisais allégrement en me demandant pourquoi tout le monde me fixait en faisant des têtes étranges. Si j’ai bien compris, l’équivalent chez nous serait de cracher dans le bénitier ou de faire un strip-tease sur l’autel.

 

Je cherche toujours une explication à ceci, vu au Wat Pho (vous voyez le dos du bouddha en fond). Il y avait de tout, même du papier toilette…

Ne plus être « dans la norme »

En France ou au Royaume-Uni, même si je suis plus petite que la moyenne, j’entre sans problème dans la norme physique européenne… qui évidemment ne s’applique pas ici. C’est très étrange de se faire dévisager dans la rue ou dans le métro. J’ai même passé un moment assez désagréable quand j’ai bu un café en terrasse avec une petite vieille qui m’a fixée en rigolant pendant facilement 20 minutes. Il semblerait que le combo peau très claire + yeux bleus + cheveux frisés ne soit pas super commun ici !

La démesure

A Bangkok, TOUT est grand. Les centres commerciaux sont sur 8 étages, les parcs font 47 hectares, les bouddhas 48 mètres de long, les rues sont tellement longues qu’on a l’impression de faire du surplace quand on marche… Ajoutez à ça la foule, le bruit, la chaleur, la pollution, et vous vous retrouvez avec cette ville qui donne le tournis. Il faut un temps fou pour aller d’un point A à un point B, et il faut généralement jongler entre plusieurs moyens de transport improbables, le pire à mes yeux étant le tout petit bateau qui dépasse à peine de l’eau et à moitié inondé qui fonce à une allure complètement dingue sur les eaux franchement dégueulasses du fleuve.

Tout cela fait que même si j’ai beaucoup aimé Bangkok, je suis contente d’être arrivée en Nouvelle-Zélande, où c’est nettement plus calme !

 

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