Le harcèlement sexuel, le viol, la culture du viol. #Metoo

[Comme je pense que c’est un sujet important (plus que mes vacances), j’ai décidé de traduire cet article en anglais. Désolé s’il y a des fautes, je suis encore loin d’être bilingue]

[As I think it’s an important subject, I’ve decided to translate it in english (after the french version). Sorry for the poor translation !]

J’ai fait toute sorte de travail dans ma vie, depuis le travail de bureau dans des grandes compagnies, à barmaid ou femme de ménage dans des colonies de vacances. Partout, j’ai eu à gérer des situations de harcèlement sexuel, parfois de la part de mes patrons, parfois de la part de mes collègues. Quand je travaillais dans une usine, un homme m’a dit qu’il me violerait s’il en avait l’occasion. Je l’ai dit à la personne responsable des ressources humaines, une femme, qui m’a dit que « c’était une blague ». Quand je travaillais en colonie de vacances, « pour s’amuser » les animateurs hommes faisaient un concours de celui qui touchait le plus de seins. Quand je travaillais dans des bars, des clients m’ont dit que j’étais « baisable », et des managers ont fait des commentaires sur ma façon de m’habiller ou sur le fait que j’agisse « comme une femme » (ce pour quoi j’ai une assez bonne explication je pense…). A chaque fois, lorsque je me suis plainte, j’ai eu des réponse comme « il faut avoir plus d’humour », « tu devrais être contente qu’on te fasse un compliment » ou encore le classique « moi je dis juste ce que je pense, tu en fais ce que tu en veux après, c’est ton problème ». C’est partout, dans toutes les classes sociales, dans tous les types de travail.

Le harcèlement sexuel ne s’arrête pas à la porte du travail. C’est dans les transports en commun quand vous rentrez chez vous et qu’un mec avec une érection se colle à vous. C’est se faire traiter de « pute » parce que vous n’avez pas dit merci à un « beau cul! » lancé par inconnu dans la rue. C’est ne pas mettre de robe en vacance pour éviter de se mettre en danger. C’est toutes les choses que l’on fait consciemment ou non pour se protéger. C’est ne pas être libre de marcher dans la rue sans avoir des commentaires sur la façon dont je marche, sur ce que je porte, sur ce que je devrais porter.

Quand j’avais 23 ans, je suis allée à un festival et une nuit je me suis réveillée avec un homme dans ma tente qui a essayé de me violer. Heureusement pour moi, il avait pris trop de drogue et trop bu, et il s’est endormi avant d’avoir pu faire quoique ce soit. Mais la partie la plus dure pour moi, c’est que je n’ai rien fait pour l’en empêcher. Je n’étais pas dans mon corps, je regardais la scène du dessus, comme si je flottais au-dessus de moi-même. Quand il s’est enfin endormi, je suis restée allongée à côté de lui pendant je ne sais pas combien de temps (encore aujourd’hui je ne sais pas si ça a duré 5 minutes ou 2h) et pendant tout ce temps, la seule chose à laquelle je pensais c’était : « si mon copain entre, il va croire que je l’ai trompé ». Je ne pouvais pas bouger, je ne pouvais pas penser à autre chose, même pas à sortir de là pour trouver de l’aide. Le plus gros traumatisme pour moi ça a été ça : découvrir que j’étais incapable de réagir en cas de danger, parce que j’avais toujours pensé que je serais capable de me battre, de faire quelque chose si jamais ça m’arrivais. Il m’a fallu longtemps pour réaliser ce qu’il s’était passé et pour commencer à en parler. J’avais honte de ma réaction, honte d’être faible. Et puis un jour, j’ai appris l’existence d’un phénomène de dissociation qui arrive dans ce genre de situation et j’ai réalisé que rien n’était de ma faute. Il m’a fallu encore plus de temps pour accepter que ça peut m’arriver à nouveau, mais que je ne peux pas arrêter de vivre à cause de ça.

Il faut que l’on parle du harcèlement sexuel et du viol, il faut que les hommes comprennent que c’est un vrai problème pour les femmes tout autour du monde. Et si vous ne vous sentez toujours pas concerné par la question, pensez à ceci : en tant que femme, vous avez une chance sur 5 (ou 6-7 en fonction de l’endroit où vous vivez) d’être victime d’une tentative de viol ou d’un viol. Ces statistiques s’appliquent aussi à votre mère. A votre sœur. Votre femme. Votre petite fille.

Il faut que l’on change cela, maintenant, et il faut qu’on le fasse ensemble. Le harcèlement sexuel n’est pas juste un problème de femme : les hommes (je parle là de ceux qui respectent les femmes et les hommes de la même manière) aussi ont leur part à jouer pour lutter contre cela. Voilà quelques petites choses simples que vous pouvez faire :

  • Parlez aux femmes du harcèlement : vos amies, votre partenaire, votre famille… je peux vous assurez que chaque femme à au moins une histoire à raconter là-dessus. Cela vous aidera à réaliser à quel point le problème est global.
  • Si vous voyez quelqu’un se faire harcelez, vous vous devez de réagir et de l’aider. Il y a plein de petits trucs que vous pouvez mettre en place pour aider quelqu’un sans vous mettre en danger. Par exemple, vous pouvez prétendre de connaître la personne pour pouvoir l’éloigner de son agresseur (« hey Joceline! Comment ça va? Désolé je suis en retard pour le café, on va part là? »), l’accompagner en lieux sur, vérifier qu’elle va bien et… la laisser tranquille! Il y a plein de techniques comme celle-ci, alors renseignez-vous!
  • Soyez attentif à ce qu’il se passe autour de vous. Un grand nombre d’hommes ne se rendent même pas compte qu’une agression est en train de se dérouler sous leurs yeux ! Rappelez-vous, agression ne veut pas dire viol. Ça peut être un commentaire déplacé, suivre la personne dans la rue, continuer à draguer la personne alors qu’elle a déjà dit « non » ou fait part de son désintérêt, toucher quelqu’un sans son consentement… j’en passe. Et ça peut arriver n’importe où, n’importe quand.
  • Si quelqu’un de votre entourage fait ou dit quelque chose qui vous semble être une agression, DITES-LE. Il faut confronter les agresseurs, leur faire comprendre que ce n’est pas normal d’agir ainsi.
  • Renseignez-vous sur la culture du viol. C’est ce qui pousse de très nombreuses femmes à ne jamais porter plainte contre leur agresseur, c’est ce qui fait que dans l’écrasante majorité des cas, si elles portent plainte elles ne sont pas prise au sérieux par la police, quand ce n’est pas humiliés, et que presque aucun des procès n’aboutit à une condamnation. La culture du viol, c’est trouver des justifications, des excuses à ces agressions.
  • Dans le même goût, arrêtez de dire des trucs comme « elle l’avait bien cherché, tu as vu comment elle s’habille » ou « oui mais en allant dans des coins pareils aussi, elle le cherche ». Rappelez-vous : la seule personne responsable d’un viol, c’est le violeur. La personne violée est une victime. Point barre. Les femmes, au même titre que les hommes, ont le droit de s’habiller comme elles veulent, d’aller où bon leur semble et de faire ce qu’elles veulent. Rien ne justifie le viol. Jamais.

J’espère vraiment qu’une fois que le phénomène #metoo sera oublié, au moins une partie de la population aura ouvert les yeux sur la situation et agira pour que ça change.

 

I did all sort of job in my short life, from the desk job in big companies to bartender or cleaning lady in camp holidays. Everywhere I had to deal with sexual harassment, sometimes from my boss, sometimes from my colleagues. When I was in a factory, a guy told me he would rape me if he had the chance. I reported it to the human resources, and been told that « it was a joke » by the woman in charge of my case. When I was in camp, the guys had a contest of the one who touched the more boobs. When I was in bar, I had to deal with people who made comments on how I dress, on how I act, on my body, etc.

Sexual harassment does not stop when you leave work. It’s on the public transport back home when a guy with a boner put it on your back. It’s being called a whore because you didn’t respond to the « nice ass! » comment from a random guy in the street. It’s feeling unsafe to wear a dress during your holidays… It’s all the things I do consciously (or not) to protect myself against it.  It’s not being free to walk in the street without having comments on what I wear, on the way I look or how I should look.

When I was 23, I went to a music festival and one night I woke up with a man in my tent who tried to rape me. Luckily for me he was too high and drunk and he felt asleep before doing anything. But the worse part of this was that I didn’t do anything to fight him. I was not in my body, I was watching the scene from above. When he finally felt asleep, I stayed there for I don’t know how long (even now I can’t say if it was 5 minutes or 2 hours), and the only thing I could think about was « if my boyfriend walk in now, he will think I cheated on him ». I couldn’t move, I couldn’t think about anything else, not even how to get out of there to find help. Discovering that I was incapable to react in case of danger was the biggest trauma for me, because I always thought I would be able to fight back if it happen to me. It took me a long time after this to realised what happened, and to start talking about it. I was ashamed of my reaction, I was ashamed to be weak, and i felt guilty. And one day, I learned about physical dissociation and I realised nothing was my fault, and not being able to react is actually a normal respons of the body in case of high stress. It took me even more time to accept that it might happen again and that not doing thing I wanted to do because I was scared was not the answer.

We need to speak about sexual harassment and rape, men need to understand that it is a real problem today for women all over the word. And if you still don’t feel concerned about it, think about this : as a woman, you 1 chance over 5 (more or less depending the country you live in) to be victim of an attempted rape or a rape, at least once in your life. The same statistics apply to your mother. To your sister. Your wife. Your daughter.

We need to change this, and we can only do it all together. Sexual harassment is not just a woman’s problem : men has their part to do to stop it too. It’s not enought to say : « I am not assaulting women, I have nothing to do with this », everybody has to act to end this. So this is some thing I think all men (and women) should do :

  • Speak to women about it : your friends, your partner, your family, you’ll see that every woman has at least one story to tell. It will make you realise how global the problem is.
  • If you see someone sexualy asshaulting someone, you have to do something about it. There a lot of techniques to help without putting yourself in danger. For example, you can pretend to know the person and take her somewhere safe (« Hey Susan! How are you? Sorry I’m late for coffee, lets go this way would you? »), check if she’s ok and… leave her alone! There a lot of thing you can do, so do some research.
  • Be aware of what’s happened around you. A lot of men don’t even realise an assault is happening just in front of them, because an assault does not mean « rape ». It can be someone touching women without their consent, making unwanted comments, following them, not taking « no » for an answer… And it can happen everywhere, all the time.
  • If someone you know make a comment or an act you think is not right, SAY IT. They need to know that it’s not ok to act like this.
  • Stop saying thing like « she looked for it, have you seen how she dress? » or « yes, but if she goes in this kind of places… ». Remember : the only personn responsible for a rape is the rapist, and nobody else. The other person is a victim, and that all. Women, as men, can wear whatever they want, go wherever they want and do what they want, and it does not make them responsible for being rape. Nothing justify a rape. Ever.

I really hope that after the end of the phenomen #metoo is over, at least a small part of the population will have learn something and will de something to change it.

 

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