La vie, Le cerveau

Le harcèlement sexuel, le viol, la culture du viol. #Metoo

[Comme je pense que c’est un sujet important (plus que mes vacances), j’ai décidé de traduire cet article en anglais. Désolé s’il y a des fautes, je suis encore loin d’être bilingue]

[As I think it’s an important subject, I’ve decided to translate it in english (after the french version). Sorry for the poor translation !]

J’ai fait toute sorte de travail dans ma vie, depuis le travail de bureau dans des grandes compagnies, à barmaid ou femme de ménage dans des colonies de vacances. Partout, j’ai eu à gérer des situations de harcèlement sexuel, parfois de la part de mes patrons, parfois de la part de mes collègues. Quand je travaillais dans une usine, un homme m’a dit qu’il me violerait s’il en avait l’occasion. Je l’ai dit à la personne responsable des ressources humaines, une femme, qui m’a dit que « c’était une blague ». Quand je travaillais en colonie de vacances, « pour s’amuser » les animateurs hommes faisaient un concours de celui qui touchait le plus de seins. Quand je travaillais dans des bars, des clients m’ont dit que j’étais « baisable », et des managers ont fait des commentaires sur ma façon de m’habiller ou sur le fait que j’agisse « comme une femme » (ce pour quoi j’ai une assez bonne explication je pense…). A chaque fois, lorsque je me suis plainte, j’ai eu des réponse comme « il faut avoir plus d’humour », « tu devrais être contente qu’on te fasse un compliment » ou encore le classique « moi je dis juste ce que je pense, tu en fais ce que tu en veux après, c’est ton problème ». C’est partout, dans toutes les classes sociales, dans tous les types de travail.

Le harcèlement sexuel ne s’arrête pas à la porte du travail. C’est dans les transports en commun quand vous rentrez chez vous et qu’un mec avec une érection se colle à vous. C’est se faire traiter de « pute » parce que vous n’avez pas dit merci à un « beau cul! » lancé par inconnu dans la rue. C’est ne pas mettre de robe en vacance pour éviter de se mettre en danger. C’est toutes les choses que l’on fait consciemment ou non pour se protéger. C’est ne pas être libre de marcher dans la rue sans avoir des commentaires sur la façon dont je marche, sur ce que je porte, sur ce que je devrais porter.

Quand j’avais 23 ans, je suis allée à un festival et une nuit je me suis réveillée avec un homme dans ma tente qui a essayé de me violer. Heureusement pour moi, il avait pris trop de drogue et trop bu, et il s’est endormi avant d’avoir pu faire quoique ce soit. Mais la partie la plus dure pour moi, c’est que je n’ai rien fait pour l’en empêcher. Je n’étais pas dans mon corps, je regardais la scène du dessus, comme si je flottais au-dessus de moi-même. Quand il s’est enfin endormi, je suis restée allongée à côté de lui pendant je ne sais pas combien de temps (encore aujourd’hui je ne sais pas si ça a duré 5 minutes ou 2h) et pendant tout ce temps, la seule chose à laquelle je pensais c’était : « si mon copain entre, il va croire que je l’ai trompé ». Je ne pouvais pas bouger, je ne pouvais pas penser à autre chose, même pas à sortir de là pour trouver de l’aide. Le plus gros traumatisme pour moi ça a été ça : découvrir que j’étais incapable de réagir en cas de danger, parce que j’avais toujours pensé que je serais capable de me battre, de faire quelque chose si jamais ça m’arrivais. Il m’a fallu longtemps pour réaliser ce qu’il s’était passé et pour commencer à en parler. J’avais honte de ma réaction, honte d’être faible. Et puis un jour, j’ai appris l’existence d’un phénomène de dissociation qui arrive dans ce genre de situation et j’ai réalisé que rien n’était de ma faute. Il m’a fallu encore plus de temps pour accepter que ça peut m’arriver à nouveau, mais que je ne peux pas arrêter de vivre à cause de ça.

Il faut que l’on parle du harcèlement sexuel et du viol, il faut que les hommes comprennent que c’est un vrai problème pour les femmes tout autour du monde. Et si vous ne vous sentez toujours pas concerné par la question, pensez à ceci : en tant que femme, vous avez une chance sur 5 (ou 6-7 en fonction de l’endroit où vous vivez) d’être victime d’une tentative de viol ou d’un viol. Ces statistiques s’appliquent aussi à votre mère. A votre sœur. Votre femme. Votre petite fille.

Il faut que l’on change cela, maintenant, et il faut qu’on le fasse ensemble. Le harcèlement sexuel n’est pas juste un problème de femme : les hommes (je parle là de ceux qui respectent les femmes et les hommes de la même manière) aussi ont leur part à jouer pour lutter contre cela. Voilà quelques petites choses simples que vous pouvez faire :

  • Parlez aux femmes du harcèlement : vos amies, votre partenaire, votre famille… je peux vous assurez que chaque femme à au moins une histoire à raconter là-dessus. Cela vous aidera à réaliser à quel point le problème est global.
  • Si vous voyez quelqu’un se faire harcelez, vous vous devez de réagir et de l’aider. Il y a plein de petits trucs que vous pouvez mettre en place pour aider quelqu’un sans vous mettre en danger. Par exemple, vous pouvez prétendre de connaître la personne pour pouvoir l’éloigner de son agresseur (« hey Joceline! Comment ça va? Désolé je suis en retard pour le café, on va part là? »), l’accompagner en lieux sur, vérifier qu’elle va bien et… la laisser tranquille! Il y a plein de techniques comme celle-ci, alors renseignez-vous!
  • Soyez attentif à ce qu’il se passe autour de vous. Un grand nombre d’hommes ne se rendent même pas compte qu’une agression est en train de se dérouler sous leurs yeux ! Rappelez-vous, agression ne veut pas dire viol. Ça peut être un commentaire déplacé, suivre la personne dans la rue, continuer à draguer la personne alors qu’elle a déjà dit « non » ou fait part de son désintérêt, toucher quelqu’un sans son consentement… j’en passe. Et ça peut arriver n’importe où, n’importe quand.
  • Si quelqu’un de votre entourage fait ou dit quelque chose qui vous semble être une agression, DITES-LE. Il faut confronter les agresseurs, leur faire comprendre que ce n’est pas normal d’agir ainsi.
  • Renseignez-vous sur la culture du viol. C’est ce qui pousse de très nombreuses femmes à ne jamais porter plainte contre leur agresseur, c’est ce qui fait que dans l’écrasante majorité des cas, si elles portent plainte elles ne sont pas prise au sérieux par la police, quand ce n’est pas humiliés, et que presque aucun des procès n’aboutit à une condamnation. La culture du viol, c’est trouver des justifications, des excuses à ces agressions.
  • Dans le même goût, arrêtez de dire des trucs comme « elle l’avait bien cherché, tu as vu comment elle s’habille » ou « oui mais en allant dans des coins pareils aussi, elle le cherche ». Rappelez-vous : la seule personne responsable d’un viol, c’est le violeur. La personne violée est une victime. Point barre. Les femmes, au même titre que les hommes, ont le droit de s’habiller comme elles veulent, d’aller où bon leur semble et de faire ce qu’elles veulent. Rien ne justifie le viol. Jamais.

J’espère vraiment qu’une fois que le phénomène #metoo sera oublié, au moins une partie de la population aura ouvert les yeux sur la situation et agira pour que ça change.

 

I did all sort of job in my short life, from the desk job in big companies to bartender or cleaning lady in camp holidays. Everywhere I had to deal with sexual harassment, sometimes from my boss, sometimes from my colleagues. When I was in a factory, a guy told me he would rape me if he had the chance. I reported it to the human resources, and been told that « it was a joke » by the woman in charge of my case. When I was in camp, the guys had a contest of the one who touched the more boobs. When I was in bar, I had to deal with people who made comments on how I dress, on how I act, on my body, etc.

Sexual harassment does not stop when you leave work. It’s on the public transport back home when a guy with a boner put it on your back. It’s being called a whore because you didn’t respond to the « nice ass! » comment from a random guy in the street. It’s feeling unsafe to wear a dress during your holidays… It’s all the things I do consciously (or not) to protect myself against it.  It’s not being free to walk in the street without having comments on what I wear, on the way I look or how I should look.

When I was 23, I went to a music festival and one night I woke up with a man in my tent who tried to rape me. Luckily for me he was too high and drunk and he felt asleep before doing anything. But the worse part of this was that I didn’t do anything to fight him. I was not in my body, I was watching the scene from above. When he finally felt asleep, I stayed there for I don’t know how long (even now I can’t say if it was 5 minutes or 2 hours), and the only thing I could think about was « if my boyfriend walk in now, he will think I cheated on him ». I couldn’t move, I couldn’t think about anything else, not even how to get out of there to find help. Discovering that I was incapable to react in case of danger was the biggest trauma for me, because I always thought I would be able to fight back if it happen to me. It took me a long time after this to realised what happened, and to start talking about it. I was ashamed of my reaction, I was ashamed to be weak, and i felt guilty. And one day, I learned about physical dissociation and I realised nothing was my fault, and not being able to react is actually a normal respons of the body in case of high stress. It took me even more time to accept that it might happen again and that not doing thing I wanted to do because I was scared was not the answer.

We need to speak about sexual harassment and rape, men need to understand that it is a real problem today for women all over the word. And if you still don’t feel concerned about it, think about this : as a woman, you 1 chance over 5 (more or less depending the country you live in) to be victim of an attempted rape or a rape, at least once in your life. The same statistics apply to your mother. To your sister. Your wife. Your daughter.

We need to change this, and we can only do it all together. Sexual harassment is not just a woman’s problem : men has their part to do to stop it too. It’s not enought to say : « I am not assaulting women, I have nothing to do with this », everybody has to act to end this. So this is some thing I think all men (and women) should do :

  • Speak to women about it : your friends, your partner, your family, you’ll see that every woman has at least one story to tell. It will make you realise how global the problem is.
  • If you see someone sexualy asshaulting someone, you have to do something about it. There a lot of techniques to help without putting yourself in danger. For example, you can pretend to know the person and take her somewhere safe (« Hey Susan! How are you? Sorry I’m late for coffee, lets go this way would you? »), check if she’s ok and… leave her alone! There a lot of thing you can do, so do some research.
  • Be aware of what’s happened around you. A lot of men don’t even realise an assault is happening just in front of them, because an assault does not mean « rape ». It can be someone touching women without their consent, making unwanted comments, following them, not taking « no » for an answer… And it can happen everywhere, all the time.
  • If someone you know make a comment or an act you think is not right, SAY IT. They need to know that it’s not ok to act like this.
  • Stop saying thing like « she looked for it, have you seen how she dress? » or « yes, but if she goes in this kind of places… ». Remember : the only personn responsible for a rape is the rapist, and nobody else. The other person is a victim, and that all. Women, as men, can wear whatever they want, go wherever they want and do what they want, and it does not make them responsible for being rape. Nothing justify a rape. Ever.

I really hope that after the end of the phenomen #metoo is over, at least a small part of the population will have learn something and will de something to change it.

 

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Les pieds

Grèce, deuxième partie : Athènes

Retour sur Athène donc. On a presque immédiatement regretté d’avoir décider d’y passer aussi longtemps. Déjà, si notre Air Bnb était correct et pas cher, il était aussi extrêmement sombre, il donnait sur un gros boulevard très bruyant jusqu’à 2h du matin et qui repartait de plus belle à 5h, et surtout, il se trouvait dans une zone que je qualifierait de « craignos ».

Exemple pour montrer que j’en rajoute pas des caisses : le premier soir, qui était aussi le dernier soir avec Sophie puisqu’elle repartait le lendemain, nous avons décidé d’aller boire un verre. Après une petite balade et un repas, nous nous sommes assises à la terrasse d’un bar pas très loin de chez nous. La serveuse se comportait très bizarrement, mais comme aucune d’entre nous ne parle un mot de grec, cette information a été classé sans suite… jusqu’à ce que tout d’un coup, la vieille dame assise derrière nous avec son mari se mette à hurler, quelques secondes avant que des poubelles explosent et prennent feu aux deux extrémités de la rue et que cette même rue se retrouve soudainement remplie d’hommes avec des cagoules noires et des symboles antifascistes partout. C’est arrivé tellement rapidement qu’on a toutes réagit à l’instinct : on s’est levées d’un bond et on a tracé jusqu’à chez nous. Heureusement la propriétaire du Air Bnb nous avait expliqué qu’il y avait beaucoup de batailles entre les antifascistes et ce qui leur tient lieu de CRS, sinon je pense que j’aurais vraiment eu peur. Toujours est-il qu’après on se sentait moyennement rassurées de rentrer la nuit toutes seules.

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Défilé le dimanche de la garde. Photo prise par Anaëlle, la seule personne ayant une taille suffisante pour voir autre chose qu’un tas de dos de touristes

C’est d’ailleurs quelques chose qui nous a choquées à Athènes : la rue est aux hommes. Après la tombée de la nuit, entre 19 et 20h, plus une seule femme dans les rues, si ce n’est des prostituées. Par contre les groupes d’hommes en train de boire sont absolument partout. L’ambiance est assez oppressante pour une groupe de fille… surtout qu’ils ne se gênent pas pour siffler/faire des bruits immondes/faire des commentaires en grec ou en anglais sur notre passage. Résultat, nous avons trouvé notre séjour à Athènes un brin stressant pour des vacances.

Mais nous avons quand même pu visiter plein de truc, surtout que le dimanche nous avons eu la chance d’arriver en plein dans les journées européenne du patrimoine, et donc entrer dans un tas de monuments gratuitement là où on aurait dû payer en temps normal. Nous avons donc essayer de faire le plus de trucs possible en une journée, et à la fin, nous étions toutes bien claquées ! Nous avons pu visiter un musée des bains, qui consistait en une suite de pièces vides, un champs de ruine dont nous ne savons absolument rien puisque toutes les explications étaient en grec ou en anglais avec des termes d’architecture beaucoup trop précis pour nous intéresser, mais surtout, l’Acropole!

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Nous avons attendu la fin de la journée pour éviter le gros des troupes et le soleil brûlant. Il y avait toujours beaucoup de monde, mais en voyant toutes les personnes qui repartaient, ça aurait pu être pire! L’acropole c’est très beau, et ça donne une vue incroyable sur Athènes, mais le problème est le même qu’ailleurs : pas une explication de ce que l’on voit, et ça devient assez frustrant assez rapidement. Toutes les explications (en anglais) étaient sur les techniques de conservation et de restauration, mais rien sur le pourquoi du comment de la fonction des temples par exemple. Pas que la conservation du machin ne m’intéresse pas hein! mais je n’y comprend rien, et je décroche assez vite si je ne sais même pas ce que l’on essaie de conserver !

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En fait les explications sur ça étaient principalement au musée de l’acropole, au pied de la colline, que nous avons visité le dernier jour. Pareil, pas la moindre explication dans d’autres langues que le grec et l’anglais, et toujours avec un vocabulaire extrêmement précis. Donc si vous n’avez pas un diplôme d’archéologie en anglais, vous allez sûrement décrocher assez rapidement. Donc mon conseil serait celui-ci : allez à l’Acropole, parce que c’est beau et que c’est incroyable que ça soit arriver à notre époque comme ça, mais renseignez-vous avant, histoire de savoir ce que vous regardez !

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Le lendemain nous avons monté une autre montagne, parce que le problème c’est que quand on est sur l’Acropole, l’Acropole n’est pas dans le paysage! Ça nous a fait une belle balade, avec une autre belle vue à la clé (photo en tête d’article).

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Puis on est redescendues de l’autre côté de la montagne pour aller manger une barbe à papa dans le joli parc derrière le parlement. 20170925_173028

L’avant dernier jour de notre séjour, nous étions toutes les 3 une peu déprimées par Athènes, nous avons donc décidé de faire une pause et d’aller à la plage à Egine, une des îles en face d’Athènes. Il faut environ 1h en ferry pour y arriver, et seulement 2h de marche en bordure de route pour finalement trouver une plage! Nous avons pu profiter d’un peu de calme et d’une mer parfaitement lisse, où j’ai quand même bu la tasse à cause d’une VTPV (vraiment très petite vague). Regarder les bateaux passer sur nos transats en buvant des jus de fruits frais, c’est ça le bonheur!

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Il a bien fallu abandonner notre morceau de paradis pour revenir à Athènes puis reprendre nos avions respectifs et retourner à la vie normale. Il me reste quelques jours à Bristol maintenant. J’ai beaucoup de chose à faire, entre les personnes à voir, les sacs à faire, les meubles à vendre, les papiers à demander… C’est stressant et fatiguant, mais j’attends avec impatience la suite du voyage!

J’ai juste une question : comment on dit au revoir à des personnes qu’on ne reverra certainement jamais de sa vie?

Les pieds

La Grèce, première partie : Paros

Entre deux cartons, le boulot et les procédures juridiques contre mon propriétaire, j’ai trouvé le temps d’aller me promener un peu. Et j’en avait bien besoin, parce que tout cela commençait à engendrer un stress un peu trop lourd à supporter!

On le préparait depuis un moment avec mon amie Anaëlle, ma compagne de voyage officielle (dans la mesure où elle me supporte). En fait, on avait lancé l’idée en rentrant d’Espagne l’année dernière. L’idée à la base étant d’aller se réchauffer au soleil pendant l’hiver anglais, mais c’était tombé à l’eau, tout simplement parce qu’il n’y a pas d’avion en direction de la Grèce entre octobre et mars. Du coup on s’était retrouvées à Berlin au mois de février. C’était sympa aussi, mais niveau chaleur et soleil, c’était pas ça.

En février, en rentrant de Berlin donc, nous avions commencé à penser au prochain voyage. Sophie et Jenny se sont greffées au projet, et c’est comme ça que le 16 septembre j’ai retrouvé Jenny à la gare de bus de Bristol pour un périple (oui, un « périple », c’est le mot ») de 29h jusqu’à Paros, une des îles des Cyclades. 29h de trajet, quand on ne peut pas dormir plus de 30 minutes de suite, c’est long. Très long. Nous avons commencé par 2h30 de bus jusqu’à l’aéroport de Gatwick, dans la banlieue de Londres.

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J’ai passé une bonne partie du trajet à essayer de prononcer Gatwick convenablement, sans beaucoup de succès. Nous avons ensuite attendu pendant 5 heures dans un aéroport glacial, jusqu’à enfin pouvoir embarquer à 5h30 du matin. A ce point là, malgré un certain nombre de cafés ingérés, la fatigue commençait déjà à se faire sentir, mais j’ai quand même pu profité de la lumière complètement folle au décollage, avec le soleil qui se levait sur une mer de nuages.

4h plus tard environ, nous avons atterri à Athènes. Nous avons retrouvées Anaëlle et Sophie pour la dernière étape : le ferry ! J’aurai pu être excitée si je n’avais pas eu un mal de tête pas possible à cause du manque de sommeil. Le ferry c’était… long. Il faisait chaud, ça puait le tabac, il faisait nuit la majeure partie du trajet donc on ne pouvait même pas regarder le paysage… Mais bon, après encore 5h de trajet, nous avons finalement atteint Paros (et notre lit) !

La première semaine à Paros n’a pas été très productive. La journée classique se déroulait ainsi : réveil tard, petit déjeuner sur la terrasse, déplacement du groupe jusqu’à la plage la plus proche, baignade, sieste, baignade, balade, sieste, apéro au bar de la plage, retour à la maison pour manger, douche et dodo. Du coup quelques photos devraient assez facilement résumer tout ça !

 

Malheureusement, le samedi il a fallu abandonner notre belle villa, nos plages quasi privées et notre château de sable pour reprendre le ferry dans l’autre sens pour retourner à Athènes…

La vie

La suite

Cela fait donc un an et demi que je n’ai rien posté ici… C’est un peu la loose…

Pendant tout ce temps il s’est passé pas mal de chose, des biens, des moins bien, des carrément relous, des franchement cool. La vie en gros. Ça a été une période bien remplie en événements et réflexions sur la vie en tout cas.

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C’est un peu un bilan en demie teintes : d’un côté j’ai appris beaucoup de choses, l’anglais en premier plan évidemment; et de façon plus globale sur moi-même et sur ce que je veux faire de ma vie. Mais d’un autre côté ça a été une période marquée par pas mal d’échecs et de coup de poing dans la gueule.

L’été dernier a été très dur d’un point de vue personnel et j’ai eu du mal à m’en remettre. L’hiver qui a suivit a été long et stressant parce que la situation dans la coloc a dégénérée très vite après l’arrivée d’un nouveau colocataire un peu trop porté sur les drogues et l’alcool. Il y a eu un moment où j’avais l’impression de vivre dans un soap opéra avec beaucoup de drogues en plus. J’ai vécu un moment complètement improbable où j’ai dû expliquer à l’une de mes coloc que non, elle ne pouvait pas mettre une assiette sur le gaz pour faire fondre sa coke parce que 1) l’assiette allait exploser et que 2) je n’avais pas envie d’ingérer sa merde par erreur si elle lavait mal l’assiette. Il y a eu ce jour où je suis rentrée du boulot vers 2h du matin pour trouver mes 2 colocs tout nus sur les canapés du salon (et ils n’étaient pas en train de faire du crochet), et où le mec s’est mis à me hurler dessus que je n’avais rien à faire dans le salon et qu’il fallait que je me trouve un travail. Au moins j’ai découvert à ce moment là que mon anglais était suffisamment bon pour avoir une énorme engueulade au milieu de la nuit après 9h à servir des bières. Il y a encore eu ce jour où il s’est ouvert les veines devant ses amis. Pas d’inquiétude, il est toujours vivant, toujours aussi con et toujours aussi camé (et toujours autant mon coloc…).

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Professionnellement également j’ai dû remettre en question pas mal de chose. Quelques mois après avoir emménagé ici j’ai trouvé un travail de serveuse/barman dans un pub juste à côté de chez moi. Je devais y rester quelques mois le temps d’améliorer mon anglais puis trouver un travail en documentation, vu que j’ai quand même passé 2 ans de ma vie à étudier pour ça (et que j’ai dépensé 4000€ pour payer l’école). Sauf qu’un an et demi plus tard, je travaillais toujours dans le même pub, et même si c’était bien sympa, mon anglais n’avait plus besoin d’amélioration et je commençais à m’ennuyer sévèrement. J’ai donc essayer de trouver un travail dans ma branche. J’ai passé 4 mois a envoyer des CV partout, à répondre à toutes les annonces d' »information officer » ou de « document controller ». Globalement, l’hiver dernier ma vie a été ça : gérer les catastrophes à répétitions dans la coloc, envoyer des CV, bosser tous les soirs à servir des bières. Le tout avec un temps de merde et le soleil qui se couche à 3h de l’après-midi, parce que bon, c’est Bristol quand même. Après plusieurs mois, quand j’allais abandonner et rentrer en France, j’ai enfin été contactée par une agence de recrutement pour passer un entretien chez EDF. Oui, EDF, parce qu’ils ont un partenariat avec le Royaume-Unis pour un projet de centrale nucléaire nouvelle génération. J’étais super contente d’avoir enfin un entretien, mes études et mes expériences, ainsi que le fait que je parle français penchait en ma faveur. L’entretien se passe bien, ils avaient l’air content de moi, le projet avait l’air intéressant. Ils m’ont dit qu’ils me donnerait la réponse dans 7 jours maximum. C’était en avril, j’attend toujours. Rien. Pas un mot. Même l’agence de recrutement ne s’est pas donné la peine de m’appeler pour me dire que je n’étais pas prise. Et il semblerait que ce soit la façon de faire anglaise puisque j’ai aussi postulé dans d’autres cafés, restaurant ou pub, j’ai même parfois fait des essais de plusieurs heures non payées et… rien. Ils se contentent de disparaitre de la circulation. C’est d’ailleurs assez caractéristique de la mentalité anglaise : il vaut mieux ne rien dire que de dire quelques chose de blessant. A la longue, c’est assez énervant.

Tout ça pour dire que j’ai eu une petite gueule de bois de la recherche d’emploi après l’aventure EDF. Depuis quelques mois je commençais à rêver à un projet complètement différent, mais cette dernière déception a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. J’ai donc décidé de tout plaquer et de partir un an en visa voyage travail en Australie. Parce que après tout, si je dois servir des bières pour vivre, autant le faire au soleil.

Si le boulot dans les pub n’est pas merveilleux et que la majeure partie du temps j’y vais un peu à reculons, il m’a au moins appris quelques chose : je n’ai pas envie de passer ma vie derrière un ordinateur à ne voir personne et à travailler sans autre but que de rendre quelqu’un d’autre plus riche qu’il ne l’est déjà. J’ai réalisé qu’à chaque fois que j’ai eu un travail de bureau, que ce soit à la Snecma, au théâtre ou dans mes différents stage, soit je m’ennuyais à mourir soit j’étais de plus en plus stressée jusqu’au point où mon corps lâchait l’affaire, comme ça a été le cas lorsque j’étais en stage chez Comprendre Choisir. J’ai toujours essayer de rentrer dans le moule, de faire le genre de travail tertiaire pour lequel j’ai étudier pendant presque 8 ans, mais en fait ça me rend malade. Je déteste les boulot de bureau, je déteste avoir comme but de produire de la richesse, je déteste avoir des deadlines et des obligations de rendement.  Alors bon, je sais, j’aurais peut être pu y penser avant, genre avant de passer autant de temps le cul rivé aux bancs de l’université. On est d’accord. Mais le principe des révélations importantes c’est qu’elles arrivent quand au moment où on ne s’y attend pas, et pour moi c’était le jour de l’élection de Trump. C’est comme ça.

recap vol

Donc voila, les billets d’avion sont pris, je décolle le 8 janvier. Je vais passer 2 semaines à Bangkok, puis 3 mois en Nouvelle-Zélande, et enfin un an en Australie en visa Voyage Travail (PVT pour les intimes, WHV pour les intimes anglophones). Pour quelqu’un qui n’a jamais été plus loin que Berlin, c’est un peu flippant !

J’ai une montagne de chose à prévoir, je dois redéménager en France en train, laisser mon chat ici, acheter une quantité improbable de trucs (et comme j’ai un léger soucis je dois toujours faire 40h de recherche avant d’acheter des boules quiès ou une serviette microfibre, donc je vous laisse imaginer l’angoisse quand il s’agit de trouver un sac de voyage pour plus d’un an…). Soyons honnête, je stress à mort! Mais en même temps j’ai hâte et je pense vraiment que ce sera bénéfique. Les voyages forgent la jeunesse comme disait l’autre, et vu la quantité de cheveux blancs que j’ai, il faut que je m’y mette maintenant !

La vie

Voir et aviser

Donc voila. Ça va bientôt faire 3 mois que j’habite en Angleterre. C’est le temps que je m’étais donné à la base comme « temps minimum » avant de « voir et aviser ». Il est donc temps de voir, et d’aviser.

Vivre dans un pays étranger peut provoquer des effets secondaires assez étonnants, dont j’aurais bien aimé qu’on me parle avant. Je ne pense pas que ça m’aurais découragé à partir, mais ça m’aurai évité quelques petits moments de panique en mode « OH MON DIEU ma vie est un enfer » et un certain nombre de moment où tu te sens très très con.

Voici donc une liste non-exhaustive des trucs et des machins qui peuvent vous arrivez si vous déménagez dans un pays étranger.

1 – Même si vous le savez à l’avance, découvrir en vrai le « rayon fromage » du supermarché exclusivement composé de cheddar… ça fait mal. Astuce pour ceux qui habitent à proximité d’un mark & spencer : ils ont des fromages français. J’y ai même trouvé de l’Epoisse, j’étais drôlement contente. Mes colocs, tous anglais qui trouvent que le camembert ça sent fort… moins.

2 – Toujours dans les supermarchés, il y a des produits que vous considérez comme universels et qui en fait ne le sont pas DU TOUT. Le cube Or. Le saucisson. Le chocolat en poudre. Le vin de cuisine. Là, une seule solution : le colis de survie. Merci maman.

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La preuve en image.

3 – Par contre vous vous retrouverez avec des rayons entiers de… trucs. Je dis « trucs », parce que ça peut être tout et n’importe quoi, mais la majeure partie du temps, vous n’avez juste aucune idée d’à quoi ça peut bien servir ou juste, pourquoi est-ce que ça existe. Le mini crevettes séchées en sachets. Les bocaux d’œufs au vinaigre. Les paquets 440 sachets de thés. Si si, 440. Et depuis j’ai même trouvé des paquets de 600 sachets de thés, sait-on jamais.

4 – Assez parler de bouffe, passons aux choses sérieuses. On sait normalement avant de partir que l’apprentissage d’une langue, c’est fatiguant. On se trompe : c’est épuisant. Même si je comprend assez bien ce qu’on me dit, et que je progresse de jours en jours, ça reste vraiment très très très fatiguant. Ce n’est pas juste un peu de fatigue du genre « oulala, j’ai parlé anglais pendant 8 heures aujourd’hui, j’ai un petit peu mal au crâne ». Noooon. C’est de la fatigue à telle point que j’ai l’impression que mon cerveau déconnecte complètement, qu’il lâche l’éponge et qu’il me laisse me débrouiller avec juste mes fonctions vitales pour faire la conversation. Au bout de 5h à travailler dans le pub, la seule chose de j’entends quand on me parle, c’est « balalabbllaaalbblaaalalaa ». Très pratique pour prendre des commandes. Du coup je suis obligé de faire répéter 5 fois de suite, et généralement j’abandonne et je demande qu’on me montre. C’est la classe.

5 – D’un autre côté, quand on rencontre des francophones, on redécouvre le bonheur de parler sa langue. Du coup, on est tellement content de pouvoir parler français que ça déborde… J’ai commencé à parler toute seule, je l’avoue. Le plaisir de pouvoir avoir une conversation (avec des vrais gens c’est quand même mieux) sans avoir à chercher ses mots, pouvoir exprimer autre chose qu’une platitude lamentable et parler d’autre chose que ce qu’on a fait dans la journée et du temps qu’il fait… c’est incroyable. C’est vraiment frustrant de ne pas pouvoir mettre sa personnalité dans ce que l’on dit, on a l’impression d’être la personne la plus plate et ennuyeuse du monde. Je ne m’étais jamais rendue compte à quel point le langage est personnel avant d’en être privée, et ça peut être un peu déprimant par moment.

6 – C’est certainement aussi lié à ma personnalité, mais je sais que je ne suis pas la seule dans ce cas : habiter dans un pays étranger, ça démultiplie les sensations. Du coup quand j’ai une bonne journée, j’ai VRAIMENT la pêche. Par contre, quand je me sens déprimée, seule ou même vaguement fatiguée, je suis VRAIMENT mal. Il y a des très moments très hauts et d’autres où il faut que je m’achète une pelle pour continuer à creuser. J’imagine que quand on est dans son environnement normal, on ne voit pas ces moments de grosse déprime parce qu’on les enterre en voyant des amis, ou en s’occupant. Ici, il arrive que je ne puisse voir personne d’autre que mes colocs pendant plusieurs jours, et même si Skype c’est pratique, ça déprime encore plus de se dire qu’on ne peut pas être avec sa famille/son copain/ses ami(e)s. Parfois j’ai l’impression que la motivation qu’il me faut pour me lever c’était celle qui m’étais allouée pour la journée, et qu’après ça c’est fini. La seule réponse que j’ai trouvé pour le moment c’est de continuer à faire des choses, me forcer à sortir. Un peu comme un moteur qui a besoin d’énergie pour démarrer, si je ne me force pas à agir, je m’enfonce comme dans de la poix dans ma déprime.

7 – En Angleterre, tout le monde s’envoie du « love » à tout bout de champ. C’est assez surprenant les premières fois que le chauffeur de bus, de l’âge de ton grand père, ou la caissière du supermarché t’appelle « my love » quand tu leurs tend ta monnaie. Non ce ne sont pas des satyres, c’est juste une façon de parler. Et non, ils ne t’aiment pas  vraiment.

8 – De façon générale, les français ne sont pas très appréciés, et généralement, c’est justifié. Une partie des français que j’ai rencontré ici se comporte comme s’ils étaient en pays conquis. Ou de façon plus générale, comme si notre culture était meilleure que celle des anglais. J’ai eu des moments de gêne très profonde quand j’étais avec des français qui se comportaient comme des gros abrutis avec des anglais. Du coup je pense que j’apprends à peu près autant sur notre culture que sur la culture anglaise, et ce que je vois ne nous mets pas toujours franchement en valeur…

J’en aurais encore des tartines à raconter, mais ça sera pour une prochaine fois.

La vie

Les premiers jours

Bon alors je vais pas vous mentir. Les premiers jours, c’était horrible. D’ailleurs toutes les personnes de mon environnement proche (mon copain, mes parents, mes amies), en ont bavé. Donc je préfère vous prévenir, vous qui voulez déménager dans un pays étranger : les 3 premiers jours, vous avez l’impression d’avoir fait la plus grosse connerie de votre vie, et vous avez une seule envie: rentrer.

Les premiers jours ont donc été un combat avec moi-même, pour lutter contre mes phobies et me forcer à sortir de chez moi au lieu de rester prostré dans mon lit à pleurer. Merci à ceux qui ont supporté mes crises de nerfs au téléphone d’ailleurs. Honnêtement, je me suis dit à ce moment là que si c’était tout le temps comme ça, j’allais pas rester longtemps. Je pense que j’en ai rajouté un peu avec le fait d’avoir laissé mon copain et mon chat en France pour partir toute seule, mais j’en avais besoin. J’avais besoin de me prouver que j’en étais capable, capable de faire les choses par moi-même, prendre des initiatives et mener ma vie comme je l’entends.

Et puis bon, après quelques jours… ça passe. Défaire les valises, s’installer « pour de vrai », acheter les quelques objets qui me manquaient, et on se sent tout de suite beaucoup plus chez soit. J’étais quand même assez contente de n’être partie que en Angleterre, et pas au Japon ou aux États-Unis, parce que je savais que je pouvais rentrer facilement. Ce que j’ai fait d’ailleurs, pour passer les fêtes en famille. Je ne me voyais pas trop passer Noël sur Skype, tout seule dans un pays que je ne connaissais pas. Le seul problème c’est qu’entre temps mon chat, que j’étais censée ramenée en Angleterre à la fin des vacances, a disparu. J’ai donc passé les 2 semaines des fêtes à le chercher partout. 2 semaines pas franchement drôles, je dois bien l’avouer.

 

 

 

 

La vie

Nouveau pays, nouveau départ

Après des mois d’abandon, j’ai décidé de remettre un peu à jour ce site, non pas pour vous parler des livres que j’ai lu, mais parce qu’entre temps, j’ai changé de vie.

Le projet de partir m’installer en Angleterre me trottait dans la tête depuis longtemps déjà : depuis la fin de ma licence en fait, donc il y a plus de 4 ans. A ce moment là, j’avais lamentablement échouée à partir, à cause de « La Crise ». Ça m’avait laissé un méchant goût amer avec des relents de dépression. Autant vous dire que quand j’ai décidé de recommencer à organiser mon départ, je ne faisais pas la fière.

Mais bon voila. J’ai à nouveau fini mes études, je n’ai pas d’emploi, pas d’enfants, pas de « situation stable » comme on dit, donc autant en profiter maintenant. Alors j’ai pris mon courage a deux mains, j’ai enfermé le côté de mon cerveau qui appelait l’autre à la panique, j’ai empiler 40 kg d’affaires dans des valises, et j’ai pris l’avion. (Non, en vrai ça a été un peu plus compliqué que ça!)

J’ai donc déménagé à Bristol. Pour ceux qui ne savent pas où c’est, c’est là :

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Je n’ai évidemment pas choisi cette ville au hasard. En fait, j’ai fait un benchmark pointu des villes d’Angleterre selon un certain nombres de critères :

  1. que ce ne soit pas Londres. J’en ai soupé de Paris, de son métro et de ses têtes de c**. Je voulais une ville de taille humaine et où, avec un peu de courage, on peut aller d’un point A à un point B à pied. Accessoirement, toutes les personnes à qui j’ai parlé de mon projet m’ayant dit que Londres était plein de français, ça n’a fait que confirmer ce point.
  2. que ce soit au sud de Royaume-Unis. Pas que ça améliore de façon vraiment visible le temps, mais au moins ils n’ont pas un accent à couper au couteau. Le but étant d’apprendre à parler anglais, pas à parler anglais-avec-un-accent-incompréhensible.
  3. avoir un aéroport international. Parce que bon, mon copain vivant encore à Paris, si je dois faire 18h de transport pour revenir sur Paris ou lui pour venir, ça allait être compliqué. A Bristol, on est a 1h30 de Paris en avion, sans escale, et c’est cool. On est à 2h de train de Londres, ce qui est sympa aussi.

Donc voila, en croisant tout ça, je suis tombé sur plein d’articles qui vantaient les mérites de Bristol et de Brighton, j’ai tiré à la courte paille, c’est Bristol qui a gagné. J’étais plutôt contente, parce que j’ai jamais réussi à écrire Brighton correctement du premier coup.

Je vous passe les détails sur la première visite, l’organisation en amont (je ferais peut-être un billet un jour sur ce genre de chose), et l’angoisse qui monte. On arrive donc au 9 décembre, jour où moi, mes 40 kg de bagage et mes 4g de courage nous nous sommes retrouvés dans un avion direction Bristol.

J’ai eu beaucoup de chance, j’ai réussi à trouver un appartement avant d’arriver, ce qui était loin d’être gagné. J’avais mis une annonce sur Couchsurfing pour trouver des colocataires, et j’ai été contacté par quelqu’un qui cherchait juste un locataire pour une chambre libre. J’avais visité l’appartement via skype, payé mon loyer à l’avance, et lu un nombre d’articles impressionnants sur le nombre d’arnaques à la chambre. Du coup le jeudi, quand je suis arrivé en taxi (toujours avec mes valises), et que personne ne me répondait quand je sonnais, j’ai frôlé la crise de panique. En fait il suffisait de tambouriner sur la porte, la sonnette n’a plus de pile depuis longtemps.

[To be continued]

Les yeux

Les Franglaises à Bobino

Hier, 1er mai, jour traditionnel du camion saucisses CGT et des discours immondes sur le thème d’une vierge qui sent un peu le barbecue (coïncidence?), c’était aussi le jour où j’avais rendez-vous avec ma très vielle amie pour aller voir les Franglaises à Bobino.

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J’avais déjà pu les voir lors d’un concert qu’ils avaient fait place de République l’été dernier, avec pleins d’invités comme Féloche, Blond Blond and Blond et Oldelaf, qui nous avait gratifié d’une (très longue) reprise de The final countdown en japonais. Et j’avais adoré. Lire la suite

Le cerveau

Loi sur le renseignement : on vous prend pour des moutons

Voilà 4 mois que les attentats à Charlie Hebdo et à l’épicerie cacher ont poussé les foules dans la rue, pour manifester leur amour de la liberté d’expression et du droit de dire ce qu’on veut, quand on veut, où on veut. Et de pouvoir en rire, en parler entre nous. Le droit de combattre la terreur et l’obscurantisme religieux avec les armes de la République : la justice.

Où sont-ils aujourd’hui les 3.7 millions de Charlie quand leurs libertés individuelles sont mises en danger par leur propre gouvernement ? Où sont-ils quand on vote à l’Assemblée, devant la trentaine de députés qui daignent se déplacer pour faire leur métier, un projet de loi de surveillance généralisée ? Où sont-ils lorsque le gouvernement met en place des systèmes pour espionner ses citoyens, enregistrer leurs conversations, ceux de leurs proches, et violer une bonne fois pour toutes le secret des correspondances et le droit à la vie privée? Après tout, on s’en fout, c’est Bernard Cazeneuve qui le dit :

Allons-y gaiement.

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Les yeux

Tom Cox, Franck Krebs

Quand je suis retournée chez mes parents en Bourgonie il y a un mois environ, j’en ai profité pour faire des réserves de livres à (re)lire. Je me suis donc pété le dos pour rapporter tout ça en train chez moi, et il a fallu que je fasse une liste pour décider dans quel sens j’allais lire tout ça (le premier qui me dit « de droite à gauche »…).

J’ai donc commencé par la série Tom Cox, de Franck Krebs. Une petite série, puisqu’il y a seulement… 8 tomes ! Bon, j’exagère, les tomes sont assez courts et c’est écrit pas franchement petit, donc ça se lit vite.

Couvertures-Tom-Cox

La série raconte l’histoire de Tom, un jeune garçon normal, sur qui retombent des pouvoirs magiques sans limite et la charge dérisoire de sauver le monde contre Mordom Horpilleur, le terrible mage des ténèbres. Là vous devez être en train de penser « oui bon, c’est Harry Potter en français et avec un nom de méchant encore plus ridicule que Voldemort ». Et bien oui… et non. Alors oui, le postulat de base (un ado lancé tout seul en face d’un horrible méchant beaucou plus fort que lui) est le même mais le reste de l’histoire n’a rien à voir.

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Les yeux

Eragon, Christopher Paolini

Avec 10 bonnes années de retard et plus de 2 mois de souffrances, j’ai enfin réussi à finir la saga Eragon, de Christopher Paolini. Elle comprend quatre tomes :

– Eragon, paru en 2003 (en anglais)

– L’aîné, paru en 2005

– Brisingr, paru en 2008

– L’Héritage, paru en 2011

Quand je dis « souffrance », j’exagère un peu, il y a bien quelque chose qui m’a permis de tenir jusqu’à la fin des quatre tomes mais franchement… je ne sais pas ce que c’était ! Eragon raconte l’histoire d’un jeune homme qui tombe par hasard sur un oeuf de dragon qui apparaît devant lui. Son dragon (enfin sa dragonne), s’appelle Saphira, et fait de lui le premier dragonnier depuis l’extermination de la caste des dragonniers par Galbatorix, l’empereur. Très vite, il est pris en chasse par les Razacs, les sbires de celui-ci, qui veulent le ramener et lui faire jurer fidélité en ancien langage, le langage de la magie avec lequel on ne peut pas mentir. Son oncle se fait tuer à la vingtième page par les méchants, parce qu’il lui faut bien une motivation au héros, et le voila parti sur les routes avec un vieux conteur, à poursuivre les Razacs pour venger la mort de son oncle.

Voila voila.

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Les yeux

Notes tome 9 : Peu d’or et moult gueule – Boulet

(J’ai commencé cet article en finissant la BD, c’est-à-dire mi-décembre, j’ai donc mis plus d’un mois pour rajouter une ligne. Je suis l’efficacité faite femme) 

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Peu d’or et moult gueule, Boulet – http://www.bouletcorp.com

Il y a quelque temps, j’avais voulu acheter un tome des notes de Boulet, mais le libraire avait refusé de me le vendre, prétextant que « c’est nul et il va falloir faire évoluer vos goûts mamzelle ». Autant vous dire que j’étais rââvie.

Il a quand même réussi à me vendre la BD de Florent Chavouet, donc je n’avais pas tout perdu. J’ai pourtant changé de libraire pour acheter les Notes, parce que bon, me faire insulter une fois c’est suffisant. 

Pour la petite histoire, j’ai découvert le blog de BouletCorp quand je suis entré à la fac à Dijon (en 2007, ça commence à dater sérieusement) dans le cadre d’un exercice, et je n’ai pas vraiment décroché depuis. Les volumes des Notes reprennent les articles du blog, mais… c’est pas pareil.

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Les yeux

E=mc² mon amour, Patrick Cauvin

Je continue donc sur ma lancée en relisant encore un classique de mon enfance/début d’adolescence. Je ne sais pas à quel âge exactement je l’ai lu pour la première fois, mais je ne devais pas avoir dépassé le mètre vingt (donc en dessous de 17 ans!).

Je me suis donc replongée, un peu plus sceptique que pour mes précédentes lectures, dans e=mc² mon amour, de Patrick Cauvin.

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Oui, la couverture est moche, mais c’est celle dont je me souviens.

E=mc² mon amour raconte l’histoire d’amour passionnée entre deux surdoués… de 11 ans. Tout les séparent, puisque que Daniel habites à la Garenne, en banlieue parisienne, dans une famille d’ouvriers, alors que Lauren vit dans le 16e, dans un magnifique hôtel particulier.

Il est franchouillard et aime le cinéma hollywoodien, elle est américaine et ponctue ses phrases de vers raciniens. Ils se rencontrent par hasard dans une ville d’eau où leurs mères respectives viennent soigner leurs boyaux en buvant une grande quantité d’eau. Eux que tout sépare des autres enfants trouvent enfin à qui parler. Lire la suite

Les yeux

Le livre des Etoiles, Erik L’Homme

L’avantage avec les livres pour ados, c’est que ça se lit vite. Du coup on peut faire plein de chroniques sans trop souffrir, et c’est chouette.

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J’ai fini ce weekend de relire la trilogie du Livre des Etoiles, d’Erik L’Homme. Oui je lisais tout le temps des trilogies quand j’étais jeune et fringuante. Trois tomes donc :

– Quadehar le sorcier

– Le seigneur Sha

– Le visage de l’Ombre

Le livre des Etoiles se déroule au pays d’Ys, un petit morceau de la Bretagne qui s’est détaché de la côte il y a longtemps, et qui est resté coincé entre deux univers, le monde Certain (le nôtre), et le monde Incertain, un monde dangereux et peuplé de monstres. C’est un pays assez sympa, sans voitures, mais avec des chevaliers, des sorciers et des korrigans. Le voyage entre les mondes est possible grâce à des portes que seuls les sorciers peuvent ouvrir. Lire la suite

Les yeux

Le vent de feu, William Nicholson

Dans ma relecture des classiques de mon adolescence, j’ai replongé dans la série des Vent de feu, de William Nicholson. Le premier tome, Les secrets d’Aramanth, nous plonge dans la vie de la ville du même nom.

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« Je fais le serment de travailler plus dur, d’aller plus loin et d’essayer par tous les moyens de rendre demain meilleur qu’aujourd’hui. Pour l’amour de mon empereur et la gloire d’Aramanth. »

La ville d’Aramanth est très colorée : des quartiers circulaires entourent une grande tour, le chanteur de vent. D’abord un blanc, puis un écarlate, un orange, un marron et enfin un gris. C’est très joli, mais ça cache un système assez moche de classement au mérite : chaque famille est classée dans la ville en fonction de points qui montrent sa réussite sociale. Si les membres de la famille rapportent des points, par exemple en obtenant un meilleur emploi, ou en réussissant un concours, la famille peut déménager dans un meilleur quartier, avec un appartement plus grand, plus confortable. Au contraire, si la famille perd des points, elle déménage en direction du quartier gris, et les chances d’en revenir sont très faibles. Des périodes d’examens, puis de déménagement massifs rythme la vie de la citée. Lire la suite